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et à Comprendre

LES ARTISTES

L’épopée

L'artiste s'inspire de l'actualité. Il se transforme en témoin de son temps et en conteur.

Gaston Chaissac évoque le lancement à grande échelle en France, en 1949, de la vaccination par le BCG, contre la tuberculose, imbriqué avec sa propre histoire. Christophe Baudouin dresse l'inventaire des éruptions volcaniques du Globe. Ses dessins assemblés peuvent former des suites de plusieurs mètres de long. Joseph Vignes se fait le chantre d'une modernité heureuse et colorée, où voitures, paquebots... ou gazinières, se mêlent à la faune et à la flore. Marc-François Bresson héroïse les événements médiatiques ou ceux de son quotidien, matchs de football, concerts de rock ou retrouvailles au café avec des amis. François Peeters, dans sa série Titanic, peint le naufrage en 1912 du célèbre paquebot. Il utilise la technique de la séquence pour transcrire le souvenir très fort qu'il a gardé du film épique américain produit dans les années 1990. André Robillard peint la conquête spatiale sur toile ou sur sculptures d'assemblage. Il s'entoure d'oiseaux, lorsqu'il monte sur scène pour raconter son histoire en musique, acteur de sa propre légende.

La fenêtre ouverte

L'artiste projette sur la toile, la feuille blanche ou des supports de fortune sa perception du réel. L'œuvre devient une fenêtre ouverte sur son monde intérieur.

Madge Gill dessine inlassablement, et brode aussi sur des étoffes, parfois de plus de huit mètres de long, la figure d'une femme au chapeau, peut- être son alter ego. Claire Lancien cherche à restituer l'intériorité des êtres qui l'émeuvent. Son travail en noir et blanc, à la mine de plomb, fait surgir un monde inversé, comme un tirage en négatif. Leila Delasalle puise son inspiration autant dans les visages croisés par hasard que dans les formes expressives des pierres qu'elle glane près de l'estuaire de la Seine. Jérôme Turpin met en mots et en images les épisodes douloureux ou extraordinaires de sa vie et sa quête d'un amour parfait. Sybil Gibson peint des visages, des fleurs et des animaux de façon instinctive avec délicatesse, comme des apparitions. Édouard Cohen grave sur bois ou brosse sur la toile un monde du silence issu de ses visions nocturnes. Sébastien Proust peint des rencontres de hasard ou des amis. Il se représente lui-même parfois : Homme-serrure, Bipolaire, Petite lunaire...Il crée une galerie de personnages, entre portraits réels et portraits psychologiques.

La mécanique de l’art

L'artiste met au point un processus de fabrication précis dont l'œuvre va garder la trace. Celle de la main qui fait et celle du mode opératoire.

Gaël Dufrène part d'un premier modèle qu'il dessine, l'agrandit souvent. Il assemble parfois plusieurs vues qu'il retravaille en couleur. La légende fait partie intégrante du dessin. Anna Zemánková découpe papiers et tissus, parfois ciselés en relief, et crée d’étranges et complexes structures végétales. ACM crée une œuvre en expansion à partir d'éléments de métal récupérés, oxydés et assemblés. Les modules dessinés par Simon Le Fur sont répartis sur la feuille comme des sculptures dans un espace d'exposition avec certaines réminiscences du geste du graffeur qu'il fut, au début de sa pratique. Jill Gallieni dessine à l'encre des formes imbriquées qui prolifèrent comme des bulles de paroles incantatoires. Les variations de couleurs structurent l'espace. Wytze Hingst compose des séries de dates, heures et codes, parfois combinées à des lettres. La surimpression de plages de couleur produit des mouvements visuels à haut pouvoir poétique. Chez Hélène Fontana, le motif du visage humain est multiplié à l'infini, tout comme celui des objets, lunettes, chaussures, chapeaux... Une façon de signifier en creux l'absence et la disparition. Mécanicien, Ezékiel Messou, trace à même les murs, puis sur des cahiers d'écolier, le schéma des machines à coudre qu'il doit réparer, comme une collection dessinée. Béatrice Dromas a choisi la technique du collage, comme avec la série des Cœurs - râpé, pressé, épinglé - pour rendre compte de la violence des émotions, ou la série Dissociation, par une approche fractionnée du réel.

L’art comme langage

Qu’il soit ou non autodidacte, le créateur invente sa propre langue. Il peut s’inspirer de l’histoire de l’art ou chercher à s’en affranchir. Trouver son style se fait aussi de façon instinctive en suivant son rythme intérieur.

Miriam Cahn inscrit ses personnages dans des diagonales, Janko Domsic dans des ellipses, Josef Hofer dans un jeu de cadres. Susan Janow s’appuie sur des quadrillages et Yaniv Janson sur la ligne d’horizon.

Ut pictura poesis

Comme dans les haïkus, ces petits poèmes puissants et brefs, l'artiste développe une œuvre vibrante qui célèbre l'évanescence des choses.

La haute montagne de Najia Mehadji se désagrège et tombe en flocons. Seule demeure une poussière céleste. René Guisset construit un carrousel comme une stèle à la vie quotidienne d'un monde rural disparu. Anselme Boix-Vives, poète mystique, peint une ode à la nature et le petit peuple mi-humain, mi-animal qui y a trouvé refuge. Comme dans un songe, les visages et les plantes hybrides de Thérèse Bonnelalbay s’évaporent. Seule demeure une trace légère, une graphie secrète. Sonia Lawniczak fait surgir sur la toile ou la feuille des vues de villes à la dérive, évocation de pays rêvés ou parcourus. L'œuvre d'un Grégoire Koutsandréou est une promenade au cœur de territoires imaginaires. Guillaume Chocu invente un monde de silence où les êtres se meuvent en apesanteur. Jean Pous grave les figures d’une humanité heureuse, en osmose avec la nature.

Mémoires et récits

L'œuvre est un lieu tout à la fois tragique et poétique, traversé par les événements historiques ou les grands récits universels.

L'univers dessiné d'Amine Benchat prend sa source dans les multiples influences qui ont façonné la culture marocaine, notamment visuelle, de l'écriture aux arts décoratifs ou à l'architecture. Ody Saban développe une œuvre poétique en perpétuelle métamorphose comme des fragments de mondes rêvés, de civilisations perdues et de mythes ancestraux. Les dessins, peintures et films de Michel Nedjar permettent d'appréhender les thèmes qui sous-tendent l'ensemble de son univers, l'enfance et le primitivisme, la vie et la mort, la magie et le voyage. Livio Sapotille est nourri de culture Caraïbes. Dans ses dessins, les réminiscences du vaudou se mêlent à sa passion pour la faune aquatique de Basse-Terre. Les dessins de Marilena Pelosi, née au Brésil, sont empreints de références au sacré. Ses personnages miment un théâtre de la cruauté traversé de transes, d'exorcismes, de processions religieuses et de carnavals, souvent dans les larmes et le sang. Louis Liquard invente la saga «Vortex City» sous forme d'une bande dessinée inspirée par les écrivains H.P. Lovecraft ou E.A. Poe, les auteurs de science-fiction, de jeux vidéo de la Dark Fantasy... Celui qui se fait appeler Prophet Royal Robertson dénonce sur des cartons de même format, les ravages de l'adultère, de la prostitution ou de la drogue en s'appuyant sur des formules numérologiques inventées qu'il mêle aux versets de la Bible.

GALERIE INTERACTIVE

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